Demain, c’est jour de course
Encore un matin, un matin pour... Courir un semi marathon, dans la joie, la bonne humeur, la sueur et la peur au ventre. Je vous emmène avec moi ?
Demain matin, comme quelques dizaines d’autres fois depuis huit ans, je vais me lever tôt, très tôt. Beaucoup trop tôt pour un dimanche matin, diront certains. Mais bon sang, que je vais aimer ce réveil ! Libérateur, annonciateur d’un grand moment. Car oui, un jour de course, c’est toujours un grand moment. Un moment sacré, même. J’ose le dire.
Le trac monte. Pas la peur. Juste le cœur qui palpite, et une petite danse au creux du ventre, comme si j’allais entrer en scène. Comme quand j’avais 11 ans et que le rideau s’ouvrait sur le spectacle de danse qu’on avait préparé toute l’année.
Sauf que, comme chaque jour de course, je serai seule face à moi-même. Concentrée sur ce qui m’attend, tout en n’envisageant jamais toute la distance d’un coup. Hop, un petit découpage dans ma tête : faire les cinq premiers, aller jusqu’au septième ; déjà un tiers de la course que je n’ai pas vu passer. Puis rendez-vous au dixième, presque la moitié. Petit check sur la montre : je suis dans les temps. Allez, go, quatorzième ! Il ne me reste plus qu’un tiers… Tout ça pour accomplir une performance plus que moyenne, mais où j’aurai fait de mon mieux, selon mes possibilités du moment.
À chaque fois qu’on n’a pas pu s’entraîner comme on voulait, on dit : « Je vais la faire tranquille, celle-là », mais tous les coureurs le savent, on n’y arrive pas. On part avec la rage. Celle de se vaincre soi-même. D’aller au bout de ce qui est possible ce matin-là. Est-ce le dossard accroché à la poitrine ? Le rituel du petit déj trois heures avant de partir ? (Et le passage aux toilettes libérateur qui s’ensuit ?) La tenue ajustée pour être au max de son confort ? Je ne saurais dire. Mais quand vient un jour de course, je suis toujours prête à en découdre.
Et immanquablement, dans le sas de départ, serrée parmi mes compagnons de galère à 9 h du matin, en short et t-shirt par 8 degrés, se posera cette question : pourquoi ? Qu’est-ce que je viens faire là ? Et prier le dieu du running pour qu’il laisse nos ventres tranquilles. Que nos envies de WC disparaissent pendant deux heures. Pitié.
Demain, c’est jour de course, et religieusement, je remercie mon corps de me faire vivre toutes ces sensations. Mes jambes de me porter pendant tous ces kilomètres. Mon mental de ne rien lâcher quand j’ai envie de me jeter dans le fossé. Et quand ce sera dur, je vais sourire. Et penser à tous ceux qui ne peuvent pas, ou plus, courir. Je ferai un pas de plus pour eux, et un autre, et un autre.
Demain, c’est jour de course, et comme à chaque entrée en scène de l’artiste que je ne suis pas, je vais flipper. Mais avant tout, je vais kiffer.



Les mots justes ❤️
Tu vas tout déchirer ❤️